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Les offres patronales aux profs sous la loupe : le salaire

24 2021

À l’automne 2019, lorsque la FAE a sondé les profs pour connaître quelle était leur principale préoccupation quant à la négociation qui allait s’amorcer, pour la première fois lors d’une consultation, le salaire est ressorti comme étant la principale priorité. Préoccupation légitime puisqu’en 2019-2020, le salaire en début de carrière pour un prof québécois équivalait à 82 % du salaire de base moyen pour les profs canadiens et 90 % du salaire au dernier échelon[1].

Spécifiquement pour le salaire, voici ce que la FAE a proposé à la partie patronale :

  • augmenter l’échelle de traitement afin d’atteindre la moyenne canadienne;
  • diminuer le nombre d’années pour atteindre le maximum de l’échelle (présentement, il y a 17 échelons);
  • recevoir une augmentation salariale équivalente à l’indice des prix à la consommation (IPC) avec un minimum garanti de 2 % par année;
  • rémunérer les suppléantes et suppléants occasionnels au taux de leur échelle, pour tous les profs détenant un contrat, rémunérer la suppléance à 1/1000e et payer à temps et demi la suppléance obligatoire (exemple : remplacement d’urgence).

En réponse aux demandes syndicales, la partie patronale propose plutôt, pour un contrat de 3 ans :

  • d’augmenter le salaire des six premiers échelons (sans toutefois en diminuer le nombre);
  • d’accorder les augmentations suivantes :
    • 2020-2021 : 1,75 %
    • 2021-2022 : 1,75 %
    • 2022-2023 : 1,50 % pour un total de 5 % pour ces 3 années
  • d’offrir un montant forfaitaire de 1 004,47 $ pour les profs ayant une tâche à 100 % et qui ont atteint l’échelon 17 à compter du 141e jour de travail de l’année scolaire 2018-2019 (ce montant, offert aux profs ayant atteint l’échelon 17, n’est ni récurrent ni cotisable pour le régime de retraite);
  • d’offrir aussi un montant forfaitaire de 602,68 $ aux profs ayant une tâche à 100 % à compter du 141e jour de l’année 2020-2021 (même chose ici : montant ni récurrent, ni cotisable au régime de retraite).
  • d’augmenter de 0,60 $ par heure le salaire des personnes suppléantes occasionnelles à compter de l’année scolaire 2019‑2020;
  • d’augmenter de 0,75 $ par heure à compter du 141e jour de l’année scolaire 2019-2020 le salaire des personnes enseignant à taux horaire et à la leçon.

Il n’est donc pas question de rattraper la moyenne canadienne ou de diminuer le nombre d’échelons qui demande en moyenne une quinzaine d’années avant d’être atteint. Ce que la partie patronale semble oublier, c’est que depuis des années, le pouvoir d’achat des profs ne cesse de diminuer. Alors qu’ils contribuent tous à la vitalité économique du Québec, ils ne profitent pas de l’enrichissement collectif qui permet plutôt au gouvernement d’engranger des surplus importants. Et c’est comme ça que la partie patronale valorise la profession enseignante…

[1] En 2019-2020, le salaire moyen des profs à temps plein au Canada s’établissait à 56 415 $ à l’entrée, pour atteindre 91 844 $ en fin de carrière. Pour les profs québécois, on parle d’un salaire à l’entrée de 46 115 $ et 82 585 $ au sommet de l’échelle