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Les offres patronales aux profs sous la loupe : la valorisation de la profession et l’autonomie professionnelle

9 2021

Au sujet de la valorisation de la profession

Que propose la partie patronale pour valoriser la profession enseignante? Eh bien, elle suggère d’introduire un nouveau statut : l’enseignant émérite. Celui-ci verrait son salaire augmenter de 5% et sa tâche diminuer pour réaliser différents mandats dont celui d’accompagner et de soutenir :

  • des collègues au sein de leur école particulièrement ceux en début de carrière ou œuvrant dans des groupes plus complexes (intervention en classe, co-enseignement, etc.)
  • l’innovation pédagogique;
  • des enseignants, pour la mise en œuvre et suivi des plans d’intervention pour les élèves en difficulté.

Pourquoi avoir choisi le qualificatif « émérite »? Est-ce une qualification au mérite? Pourquoi une prime de 5 % alors qu’ils ont une réduction de tâche? La FAE propose plutôt un statut de mentor, pour les profs plus expérimentés, et de mentoré, pour celles et ceux qui arrivent dans la profession, avec allègement de la tâche tant pour le mentor que le mentoré, mais sans bonification salariale.

Qui plus est, seuls 320 profs, choisis par les directions, auraient ce « statut émérite ». Pourtant, ce sont les 49 000 enseignantes et enseignants qui méritent un meilleur salaire, pas seulement les quelque 320 profs touchés par cette proposition.

Au sujet de l’autonomie professionnelle

Maintenant, que propose la partie patronale au sujet de l’autonomie professionnelle? Elle voudrait inclure aux principes généraux :

  • Le rôle de l’enseignante ou l’enseignant au sein de la vie de l’établissement afin de développer davantage une culture de collaboration.
  • La contribution de l’enseignante ou l’enseignant, au sein d’une équipe multidisciplinaire, à la mission de l’établissement, soit d’instruire, de socialiser et de qualifier les élèves.

Pourtant, la notion de collaboration existe déjà dans l’Entente nationale, (8-2.01 2), p. 126). Encore ici, on est loin de la valorisation de la profession enseignante. Est-ce que cela impliquerait nécessairement plus de rencontres de toutes sortes et moins d’autonomie professionnelle individuelle? La mission de l’école est déjà ainsi définie dans l’article 36 de la Loi sur l’instruction publique (LIP). Pourquoi inclure ces nouveaux principes qui existent déjà dans d’autres encadrements légaux?

Aussi, la partie patronale estime que le développement professionnel continu doit, entre autres, tenir compte des besoins des élèves et de l’utilisation optimale du numérique et propose que l’enseignante ou l’enseignant transfère le contenu de ses apprentissages dans sa pratique professionnelle. Est-ce une façon détournée de forcer les profs à utiliser certaines méthodes préconisées par la direction ou par les conseillers pédagogiques à la suite d’une formation obligatoire sur le sujet? Comme tous les autres professionnels, les profs mettront en application les apprentissages acquis en formation si cela correspond à leurs besoins.